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Quel prix fixer pour ton abonnement de cours en vidéo ?

Publié le septembre 4, 2026 · 8 min de lecture

La méthode pour fixer ton prix, ce qu'il te reste vraiment après commission et forfait, et les erreurs qui coûtent le plus cher.

« Combien je demande ? » est la question qui bloque le plus de coachs au moment de mettre leurs cours en ligne. Elle bloque parce qu'on la traite comme un calcul, alors que c'est une décision — et qu'une décision se prend avec deux ou trois repères, pas avec une formule.

Le prix dépend d'abord de ton audience, pas de ton contenu

C'est le point que la plupart des articles sur le sujet manquent. Deux coachs avec exactement le même catalogue n'ont pas le même prix, parce qu'ils ne parlent pas au même public.

Audience restreinte et engagée — tes élèves de studio, un club, une communauté locale. Ils te connaissent, ils ont déjà payé pour toi, ils comparent ton abonnement à tes cours. Là, le prix se tient dans les hauteurs : quelques dizaines d'abonnés à 15 ou 20 € font un revenu réel.

Audience très large et très concurrencée — le jeu vidéo, la vidéo créative, tout ce qui vit à côté de plateformes gratuites et de plusieurs centaines de milliers de spectateurs. Là, le raisonnement s'inverse complètement. Ton concurrent n'est pas un autre coach, c'est la gratuité. Un abonnement volontairement bas, autour de 5 €, en échange d'un contenu exclusif que la plateforme gratuite n'a pas, peut faire basculer une petite fraction d'une très grosse audience — et une petite fraction d'un très grand nombre reste un grand nombre.

Autrement dit : un prix bas n'est pas une erreur en soi. C'en est une quand il est choisi par timidité. C'en est une bonne quand il est choisi parce que le volume est là et que la gratuité est en face.

Le minimum que l'app accepte est de 5 € par mois, et 50 € par an.

La règle la plus simple : un cours en studio

Si tu es dans le premier cas — une audience qui te connaît —, tu n'as pas besoin d'étude de marché. Le repère mental que tes élèves utilisent naturellement, c'est le prix d'un de tes cours en présentiel.

Un abonnement mensuel qui coûte à peu près le prix d'un seul cours se justifie tout seul. Si ton cours est à 18 €, un abonnement à 16,90 € par mois donnant accès à des dizaines de séances paraît évident. Personne n'a besoin de sortir sa calculatrice.

Cette règle a un second effet, moins visible et plus important : elle protège ton activité en présentiel. Ton abonnement ne concurrence pas tes cours, il remplit les jours où tes élèves ne peuvent pas venir.

Ce que tes élèves achètent réellement

Le piège, c'est de fixer ton prix en fonction du nombre de vidéos. C'est la mauvaise unité : personne ne paie pour un stock de fichiers.

  1. La régularité — pouvoir pratiquer les jours où ils ne peuvent pas venir en cours.
  2. Toi — ta voix, tes corrections, ta manière d'enchaîner. C'est ce qui te rend non remplaçable par un catalogue générique.
  3. La progression — savoir quoi faire aujourd'hui sans avoir à choisir.

Vingt vidéos bien organisées et guidées valent plus cher que deux cents en vrac. Ne retarde pas ton lancement en pensant que tu n'as « pas encore assez de contenu ».

Ce qu'il te reste vraiment

Ton prix affiché n'est pas ton revenu, et c'est là que beaucoup de simulations se trompent. Sur AllCoach, il n'y a que deux prélèvements, et il faut les connaître tous les deux :

  • La commission, prélevée sur ce que tes élèves te paient. Elle est dégressive et calculée par tranches, comme l'impôt sur le revenu : les premiers 500 € de chiffre d'affaires mensuel à 20 %, la tranche suivante jusqu'à 1 500 € à 16 %, jusqu'à 3 000 € à 12,5 %, puis 10 % au-delà. Plus tu encaisses, plus ton taux moyen baisse.
  • Le forfait mensuel de la plateforme — 19,50 € HT au moment où ces lignes sont écrites. Le montant en vigueur est toujours celui de la page Tarifs.

Et rien d'autre. Pas de frais de paiement, pas de frais bancaires, pas de commission cachée : les frais du prestataire de paiement sont déjà compris dans la commission. C'est un point à vérifier chez n'importe quelle plateforme, parce que 2 ou 3 % de frais annoncés séparément changent le résultat.

Un exemple, calculé jusqu'au bout

Quarante abonnés à 16,90 € par mois :

Encaissé par tes élèves676,00 €
Commission — 500 € à 20 %, puis 176 € à 16 %− 128,16 €
Forfait plateforme− 19,50 €
Il te reste528,34 € par mois

Soit un taux de commission effectif de 19 %, et non de 20 % : la seconde tranche a déjà commencé à faire baisser ta moyenne.

Et la dégressivité, concrètement

Le même prix, trois fois plus d'abonnés. Cent vingt abonnés à 16,90 €, soit 2 028 € encaissés :

Commission — 500 à 20 %, 1 000 à 16 %, 528 à 12,5 %− 326,00 €
Forfait plateforme− 19,50 €
Il te reste1 682,50 € par mois

Ton taux effectif est passé de 19 % à 16 % sans que tu aies rien demandé. C'est le principe : la plateforme prend proportionnellement moins à mesure que tu grandis.

Le cas de l'abonnement à bas prix

Pour reprendre l'exemple de la grande audience : trois cents abonnés à 5 € font 1 500 € encaissés, une commission de 260 € (17,3 % effectifs), et 1 220,50 € qui te restent. Le prix bas n'empêche pas le revenu — c'est le volume qui décide.

Un repère utile dans les deux cas : le forfait est couvert dès tes premiers abonnés. À 16,90 €, dès le deuxième. À 5 €, dès le cinquième.

Mensuel, annuel, ou les deux

Commence avec une seule offre mensuelle. C'est le plus simple à expliquer, et surtout le plus simple à corriger.

Quand ton abonnement tourne depuis quelques mois, ajoute une formule annuelle. Elle fait deux choses qu'aucun tarif mensuel ne fait : elle encaisse d'avance ce que tu aurais mis un an à percevoir, et elle supprime la question du désabonnement pendant douze mois — ce qui est le vrai enjeu d'un abonnement.

Reste à choisir la remise. Deux mois offerts sur douze est assez visible pour déclencher, et assez modeste pour ne pas dévaloriser le mensuel. Une remise plus forte se défend si ton objectif est la trésorerie plutôt que la marge. L'app te propose un tarif annuel par défaut, plus généreux que ce ratio : c'est un point de départ, pas une consigne — regarde ce que ça donne sur ton propre mensuel avant de valider.

Un point souvent oublié : c'est le tarif mensuel qui sert de vitrine. C'est celui que le visiteur regarde pour décider si ton offre est dans ses moyens. L'annuel, lui, se choisit une fois la décision prise.

L'essai gratuit

C'est souvent ce qui déclenche le premier abonnement, et c'est le seul dispositif de lancement dont tu as besoin.

Depuis ta page Abonnement, tu l'actives en un clic et tu choisis sa durée — sept jours par défaut, et jusqu'à soixante. Une seule durée, appliquée aux deux plans. Pendant l'essai, l'élève a accès à toute ton app comme un abonné : aucune vidéo cachée, aucune fonction en moins. Sa carte est enregistrée dès l'inscription mais n'est débitée qu'au dernier jour, et il peut arrêter avant sans rien payer. À la fin, l'abonnement démarre tout seul : tu n'as aucune relance à faire.

Sept jours ou trente ? Sept jours suffisent si ton catalogue convainc vite. Une durée plus longue recrute moins de monde, mais laisse le temps d'installer une habitude — et l'habitude compte davantage que la découverte. Si tu hésites, commence à sept et allonge en regardant combien d'essais se transforment.

Ce qui ne fonctionne pas, en revanche : un essai sans contenu structuré pour les premiers jours. Un élève qui ne sait pas par où commencer ne reviendra pas le huitième jour. Prépare un point d'entrée évident.

Les quatre erreurs les plus coûteuses

Se sous-évaluer par timidité. À distinguer du prix bas assumé : ici le prix est bas parce qu'on n'ose pas, pas parce que le volume le justifie. Le résultat est un catalogue rempli d'abonnés peu engagés, qui pratiquent peu et partent vite.

Changer de prix tous les deux mois. Tes élèves fidèles le remarquent, et ça abîme la confiance. Fixe un prix, tiens-le au moins six mois, observe.

Offrir l'accès à tout le monde « pour lancer ». Les élèves qui n'ont jamais payé ne deviennent presque jamais des abonnés payants. Offre plutôt un accès complet et limité dans le temps à un petit groupe, en échange de retours utilisables.

Confondre chiffre d'affaires et revenu. Reprends le calcul plus haut, et n'oublie pas qu'après la commission et le forfait viennent encore tes charges et tes impôts, qui dépendent de ton statut.

Concrètement, comment décider

Trois questions, dans cet ordre :

  1. Mon audience est-elle restreinte et engagée, ou très large et concurrencée par du gratuit ? La première appelle un prix proche de celui d'un cours ; la seconde, un prix bas assumé et un volume.
  2. Combien coûte un de mes cours en présentiel ? Dans le premier cas, ton prix mensuel se situe autour de ce montant.
  3. Est-ce que j'ajoute du contenu au moins deux fois par mois ? Si oui, tu peux viser le haut de ta fourchette. Si non, le bas — et travaille la régularité avant le prix.

Et le point le plus important : choisis un prix, lance, et observe pendant trois mois. Le bon prix ne se calcule pas à l'avance, il se corrige avec les premiers abonnés — mais seulement si tu as lancé.


Les montants de commission et de forfait cités sont ceux en vigueur à la publication ; les valeurs à jour figurent sur la page Tarifs. Les fourchettes de prix sont des repères de raisonnement, pas des règles. Pour tes obligations fiscales et sociales — statut, TVA, seuils —, rapproche-toi de ton comptable : les règles dépendent de ta situation.

Votre savoir-faire mérite sa propre app

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